Chapelle de village St Alexis

VILLAGE  LE CHATELARD  Altitude 1500m

Etymologie : Le Châtelard : du bas latin castellare  de castellarium : agglomération de maisons auprès d’un château.

St Alexis fêté le 17 Juillet

La fondation : Une chapelle apparait déjà sur le cadastre de 1738 à l’emplacement de l’actuel bâtiment. En 1782, une chapelle (nouvelle ?) est dotée par Alexis Arpin. Né en 1721, ce riche négociant associé fonde une société à Compiègne, il devient  maire de Montvalezan , possède plusieurs ateliers au village du Chatelard . En 1748 il épouse Marguerite Maitre (âgée alors de 14 ans), qui donnera naissance 28 ans après son mariage à son premier enfant, une fille. Selon les différents sources, cette dotation est faite soit en demande devant un état de stérilité, soit en remerciements de la venue de cette enfant. On lit aussi que Margueritte aurait reçu le maléfice d’une mendiante dénommée Noron, l’empêchant de donner le baptême à aucun de ses enfants.                  

Le bâtiment : construit en 1782. Des travaux importants sont nécessaires en 1880 puis en 1922/1923. En 1924 la façade est recrépie, la toiture est refaite, elle le sera de nouveau en 1959. Puis la façade reçoit un nouvel enduit coloré. Aujourd’hui la toiture est recouverte de lauzes.

L’intérieur: Le plancher est refait, sur un espace vide laissant circuler l’air. Application d’enduits et de peintures intérieures. Les boiseries intérieures sont repeintes.

La toile centrale, repeinte par le Chanoine Duret, aumonier des hospices à Annecy, représente St Alexis et Ste Marguerite s’adressant à Notre Dame de Grâce coiffée de 12 étoiles, qui foule du pied le dragon ; sur la partie haute, sont représentées La Vierge et la Sainte Trinité.                            

La peinture murale, comme une fresque sur le fond du chœur, est  réalisée en 1932 par Ambroise Voisine. Cette expression monochrome d’un style « pictural » s’exerce dans l’élan du Renouveau de l’Art Sacré : « après une période de profusion de broderies, fanfreluches, pots de fleurs, qui composent du laid,…. on tente de redonner la noblesse aux métiers artisanaux :…. par une  conception abstraite et une réalisation figurative intégrant la nature ». (G. Reille-Taillefert,  mémoire final de la restauration des peintures murales en 2014 de l’église de Montvalezan). Sont représentés les grands moments de la vie de St Alexis .        

 Ambroise Voisine, mort en 1932 a décoré en 1926 toute les voûtes de l’église paroissiale de Montvalezan. 

La dévotion : St Alexis Né à Rome au 4 ème s.. Selon un poème médiéval Alexis de Rome, ou Alexis, Homme de Dieu,  fils d’un riche sénateur, le soir de ses noces est appelé par dieu ; il quitte son épouse et passe alors 17 années de sa vie en pèlerin exilé, dans une pauvreté extrême. De retour à Rome il vit, anonyme et méconnaissable suite à ses privations, sous l’escalier du château de son père, dans l’humilité et l’oubli. Il rédige le parcours de sa vie sur un billet qu’il tient dans sa main le jour de sa mort. Alors seulement, dans la tristesse, ses parents le reconnaissent, les anges sonnent les cloches.

Alexis est invoqué dans cette chapelle, très certainement en référence au prénom du donateur. Il peut en être de même pour Ste Marguerite

Ste Marguerite d’Antioche : sainte légendaire  née au 3 ème siècle, vierge et martyre. Le dragon qu’elle piétine et la croix qu’elle porte symbolisent son combat face au paganisme. La tradition rapporte que les femmes qui se recommandent à Ste Marguerite enfantent dans la joie.

La chapelle était utilisée  pour  la prière du mois de Marie, et les messes de semaine,  plus facilement accessible pour les malades ou personnes âgées que la chapelle St Michel. 

Dans chaque village, le seul espace collectif accessible en permanence était la chapelle. Aussi très souvent elle abritait le matériel incendie, les clés de vanne d’eau ou d’autres outils nécessaires à la communauté. On y sonnait également le décès des habitants du village, la veille de la sépulture.                             

Des messes de semaine y sont célébrées jusque vers 1965. Le jour du Saint est marqué également par la bénédiction des maisons et des habitants. Le plus souvent le célébrant est reçu chaque année à tour de rôle, par une famille différente – le procureur-, qui a la charge de la nourriture du prêtre, de l’entretien du linge du célébrant, et du fleurissement de la chapelle.