St Martin fêté le 11 Novembre
La fondation : en 1632 on note un acte de Messe demandée par Jean Baptiste Arpin (dit de Barbe) et Amédée et Maurice Arpin. St Martin et St Donat sont distinctement invoqués. La reconstruction de 1845 est initiée grâce à une offrande généreuse du Comte Pillet-Will, qui venait en aide à toutes les bonnes oeuvres. Un important leg de Arpin Marie Rose en 1872 est noté.
Le bâtiment : Il est en 1633 en reconstruction, en 1845 également. Il est rénové de 1862 à 1880, et en 1984. On répare les enduits en 2013, les façades sont reprises en 2015 avec une nouvelle porte d’entrée . La façade principale est percée d’un oculus et deux petites fenêtres basses. Coté torrent, un escalier en pierre avec rambarde donne accès à la tribune.
L’intérieur : Le choeur, espace relativement réduit, coiffé d’ une voute d’ arête, intègre l’ autel surmonté d’une toile centrale avec un encadrement en bois travaillé. Les enduits sont blancs en partie haute, en partie basse ocre rouge dans la nef et violine marbré dans le choeur. La table de communion, en bois plein, peinte en faux marbre bleu ciel sépare les espaces. De part et d’ autre de la toile centrale sont peints des cartouches avec motif floraux. Sur la toile sont représentés en partie haute dans les nuées au centre La Vierge et l’Enfant jeune, sur les cotés des angelots. En partie basse se trouvent St Bernard et St Antoine de Paddoue et au centre sur un cheval St Martin, guerrier, portant casque, épée et manteau rouge, un mendiant à ses pieds.
La dévotion : Saint Martin : Il vit au 4 ème s. En Italie du Nord, il entre dans l’armée très jeune ; envoyé en France en garnison, il croise un jour de grand froid un malheureux sans guenilles ; De son épée il partage son manteau pour le pauvre. La nuit suivante le Christ lui apparait recouvert du manteau. Martin est alors baptisé, il refuse d’aller au combat « au nom du Seigneur ». Devenu Evêque puis moine à Marmoutier, solitaire ou voyageur – il passerait le Col du Pt St Bernard en 356 -, il multiplie les miracles. Il meurt en 395. A Tours son tombeau attire les foules, et devient un haut lieu de pèlerinage semblable à celui de Rome ou Jérusalem. Sa chape, manteau partagé, devient une relique très vénérée. Il est élevé au rang de saint martyr, sans effusion de sang. « Chape » donnera le mot « chapelle.
La Fête de St Martin tient une grande place dans le calendrier rural : l’entrée de l’ hiver et le début du calendrier liturgique.
St Bernard de Menthon ou Saint Bernard des Alpes : son rôle d’évangélisation des versants au pied des Mont Jou et Colonne Jou (Grand et Petit St Bernard actuels), ainsi que son ardeur charitable à établir les Hospices sur ces lieux de passages éprouvants en font le patron des Alpes. Invoqué pour protéger les marcheurs en difficulté, ou les troupeaux, il devient également le patron des armées alpines et de certaines compagnies des guides.
Le torrent des Moulins qui coule ici déverse en aval dans l’Isère les eaux de fonte, de sources ou d’écoulement d’un bassin versant important dominé par Le Roc Noir, le Lac du Retour et le Mont Valaizan . De nombreux moulins pour scier les planches, faire de l’huile, fouler la toile de drap ou moudre le grain ont disparu au début du 20 ème s. suite à des crues importantes. Jusque vers 1960, Le four de Maitre Pierre a cuit le pain bis, pour toute la communauté, une à deux fois par an. (A chaque famille de fournir le grain, le bois, les journées d’aide, pour obtenir un pain qui va se conserver plus d’un an au grenier). Puis l’eau captée par EDF en amont au Pisch et à Putétruit va participer au remplissage du barrage de Roseland (terminé en 1961). Elle fera fonctionner les turbines de La Bathie pour alimenter en énergie la France.
Les troupeaux : au printemps et à l’automne, sur le pont des Moulins se réunissaient chaque matin moutons, ou chèvres des villages alentours pour former un troupeau paissant en forêt ou sur des terrains communaux. Le fier petit berger les conduisant -pain dur dans le sac marin- trouvait sûrement les journées bien longues : premières joies et peines d’une vie de labeur dans laquelle les animaux faisaient un peu partie de la famille.

Toiture débordante sur façade et côté torrent.




