Chapelle de village Ste Barbe

Village Le Solliet

Altitude 1300 m

Etymologie : Le Solliet : Lieu exposé au soleil.

Ste Barbe fêtée le 14 Décembre

La fondation : On relève qu’en 1589, une famille noble Cretet est établie dans le secteur Les Laix- Le Solliet. En 1599 ce territoire appartient au Comté de La Val d Isère. Une messe est fondée en 1674 par André Maitre et Jean Blanc.

Le bâtiment : Une chapelle existait, un peu plus haut, dans le village, en 1633. Le terrain étant humide et non stable, elle est reconstruite en 1873 à l’emplacement actuel. Déjà restaurée plusieurs fois, elle demeure fragilisée par la nature du sol sur lequel reposent ses fondations. L’édifice actuel est petit, recouvert de zinc, ouvert à l’Ouest d’une large porte, et au sud d’une grande baie. En 1995 réfection  du plancher, en 2012 reprise du clocher, en 2014  toiture refaite et couverte de lauzes.

L’intérieur : Une nef unique avec voute en berceau lambrissée offre un espace restreint. Au centre du devant d’autel est peinte une tour. Au dessus de l’autel, l’unique toile, peinte en 1878, représente en haut la Vierge Marie entourée de deux anges, en bas à droite Ste Barbe (avec son attribut la Tour) et à gauche Ste Catherine d’ Alexandrie (avec son attribut l’ épée et la roue dentée) ; toile offerte par F. Pondriel, M. Crettet (inscription sur la toile) et Maitre G. qui sont les fondateurs de la chapelle par tradition. Ste Barbe et Ste Catherine sont représentées de façons identiques : même coiffure, même vêtement, même position, même chaussure. L’une tient le sabre et l’autre un végétal.

La Dévotion :

Ste Barbe : Vierge et martyr : son existence est douteuse. Selon la légende, elle vit au 4eme s. Fille unique très belle, elle est enfermée dans une tour par son riche père idolâtre Dioscure. Il lui recherche un époux « digne ». Pendant l’absence de son père, elle reçoit en vision la palme et l’anneau d’or du Christ, à qui elle prête serment . Aussi elle fait ouvrir par des ouvriers une troisième fenêtre à cette tour, signe de sa conversion.  De colère son père veut la mettre à mort ; elle subit de nombreux supplices : elle est  fouettée, déchirée, brulée, et ensuite décapitée par son père qui meurt lui-même aussitôt après, frappé par la foudre.     

Attributs de Ste Barbe : Le ciboire (la bonne mort), la couronne ou les roses (le martyr), le lys (la virginité), la tour à trois fenêtres. Culte : Ste Barbe protège contre la foudre, par extension contre les aléas climatiques. Ste Barbe est la patronne des artilleurs, des mineurs, des carriers et autres métiers exposés à la mort subite.                        

Empreinte locale : La Vierge (statue) porte la coiffe traditionnelle de Tarentaise. 

Sainte Catherine d’Alexandrie : Vierge et martyr : la tradition relate qu’elle est comme Ste Barbe épouse mystique du Christ. Son attribut, la roue dentée, rappelle qu’elle échappe au supplice de la torture par l’ Empereur Maxence : des  roues plantées de crocs de fer sont prévues pour broyer son corps. Par miracle à ce moment-là la foudre éclate cette machine de torture et tue 4000 païens. Elle sera décapitée au 4ème s. à l’âge de 18 ans ; du lait jaillit de son cou à la place du sang. Les jeunes filles, le 25 Novembre venaient honorer sa statue et remplacer sa coiffe : d’ où l’expression « coiffer la Ste Catherine ». Son culte se répand par le biais des croisades. Elle est vénérée par les  jeunes filles célibataires et  les femmes allaitantes. Son culte est lié aux dignitaires de La Maison de Savoie, en référence à Catherine de Chabot de St Maurice.

Une activité particulière en Haute-Tarentaise autrefois : le tissage du drap de laine et de la toile : un travail à façon proposé à toute famille qui possède alors dans sa maison rouets, cardes et métiers à tisser (300 métiers présents sur Montvalezan en 1771). Au printemps les pièces réalisées (le célèbre drap de Bonneval) sont collectées, stockées et travaillées au Solliet puis vendues par les colporteurs. D’ où une source de revenu complémentaire non négligeable. En 1766 le village du Solliet  brûle. En 1811 la famille Griotteray réalise les premières installations à proximité de Seez, le long du torrent du Reclus. Puis  Arpin Jean Baptiste (lien de parenté avec M. Griotteray)  modernise cette activité en construisant  La Fabrique, aujourd’hui appelée « La Filature Arpin ». Cet établissement labellisé entreprise du patrimoine vivant, continue à fabriquer la toile de drap, produit artisanal : modernité et héritage du passé donnent rusticité et élégance. Sont confectionnés et vendus  vêtements, couvertures, pièces d’ameublement, de décoration, de bagagerie. 

L’atelier en fonctionnement, avec machines ancestrales,  est ouvert à la visite. A ne pas manquer   !                                                                                                                                                                                                                                                                 

La chapelle